Sud-Kivu : le plaidoyer auprès du gouvernement provincial pour réduire la mortalité maternelle et infantile continue.

La mortalité maternelle et infantile reste l’un des problèmes majeurs que connait la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Le gouvernement provincial peine toujours à promulguer l’édit portant protection de droit à la santé maternelle et infantile pourtant déjà voté par les élus provinciaux. Certaines organisations non-gouvernementales quant à elles affirment continuer avec le plaidoyer auprès de ce dernier pour obtenir sa promulgation.
Selon les statistiques publiées par l’inspection provinciale de la santé au Sud Kivu(IPS), c’est au maximum 53 femmes enceintes et 50 enfants de moins de 6ans qui meurent dans différentes structures sanitaires de la place par an.

Les cas enregistrés par l’inspection provinciale de la santé font état des statistiques contextuelles avec des exemples disponibles pour certains territoires.
Par exemple dans la plaine de la Ruzizi en territoire d’uvira un total de 11 femmes et 8enfants ont été victimes de mortalité maternelle et infantile en 2017 affirme la même source.
La recrudescence des groupes armés à l’intérieur de la province du Sud-Kivu, l’accès difficile à l’eau potable, la malnutrition, le manque d’accès aux soins de santé sont parmi les causes de la mortalité maternelle et infantile dans la province du Sud-Kivu.

Le docteur Denis MUKWEGE médecin directeur de l’hôpital de panzi à Bukavu affirme que son hôpital s’implique ardemment pour réduire ce problème en s’occupant des femmes tombées enceintes pendant les violences sexuelles « nous les accueillons ici à l’hôpital, nous prenons soin d’elles dès leur arrivée ici jusqu’à ce qu’elles accouchent dans de bonnes conditions et nous les encadrons en suite dans leurs vies quotidiennes » a-t-il indiqué.
En juillet dernier l’assemblée provinciale avait voté un édit portant protection maternelle et infantile, désormais grâce à cet outil juridique les enfants de 0 à 5 ans avec les femmes enceintes et les accouchées auront droit aux soins de santé gratuits dans les hôpitaux de l’Etat sur toute l’étendue de la province du Sud-Kivu.
« Le présent édit s’applique aux femmes gestantes, aux accouchées, aux enfants de 0 à 5 ans et aux formations sanitaires œuvrant en province du Sud-Kivu » stipule cet édit à son article premier.

Pour bénéficier de ce droit, la femme doit déclarer sa grossesse auprès d’une formation sanitaire dès qu’elle fait connaissance de son état de grossesse ou au plus tard à la fin du premier semestre tel que l’exige l’article 3 de cet édit. Il vise selon le législateur dans son exposé de motif la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle et infantile dans la province du Sud-Kivu.
La dynamique femme et enfant, l’une des organisations qui avaient soutenu cet édit avait affirmé être satisfaite de voir qu’enfin les députés provinciaux avaient compris sa nécessité et l’urgence que ça demandait.
Madame Georgette NKUNZI coordonnatrice de cette association s’était réjouie de voir qu’après 6 ans de lutte que sa structure a menée avec le soutien d’autres organisations, les élus sont arrivés à une décision en leur faveur.

« C’était très difficile pour les députés de comprendre ça et s’en approprier, aujourd’hui je suis très satisfaite car ils l’ont finalement voté, c’est une décision de courage qu’ils viennent de prendre et nous avions aussi mené une lutte de courage » avait-elle indiqué.
Georgette NKUNZI avait estimé que cet édit vient porter des solutions au problème de manque d’accès aux soins de santé maternelle et infantile dont sont victimes depuis longtemps plusieurs familles dans la province du Sud-Kivu.

Le gouvernement provincial à travers sa cellule de communication affirme être en étude de faisabilité pour promulguer cet édit.
En attendant l’association dynamique femme et enfant, le journal le souverain et d’autres organisations qui ont milité en faveur de cet édit déclarent continuer leur lutte pour obtenir sa promulgation par le gouvernement provincial du Sud-Kivu.

Dieudonné BUHENDWA

Abonnez-vous pour ne plus jamais rater nos prochaines publications.

Les commentaires sont fermés.